Le prétraitement des graines oléagineuses constitue une étape cruciale pour maximiser le rendement en huile et garantir la qualité du produit fini. Cet article étudie en détail les divergences techniques entre les procédés de prétraitement des graines de tournesol et du sésame dans le contexte d’une extraction à la presse à vis de taille moyenne. À travers une analyse méthodique des étapes clés — nettoyage, broyage, cuisson — et en s’appuyant sur des cas concrets, il met en lumière les stratégies d’adaptation d’équipement, la maîtrise des paramètres critiques, ainsi que les solutions aux défaillances fréquentes rencontrées en production.
La première étape consiste à éliminer efficacement les corps étrangers (cailloux, poussières, brindilles) qui détériorent la qualité de l’huile et peuvent engendrer des pannes dans les presses. Les graines de tournesol, souvent récoltées en grandes quantités avec des débris végétaux, nécessitent un système de nettoyage multi-étapes impliquant tamis vibrants et séparateurs à air, garantissant une pureté supérieure à 99,5%.
Pour le sésame, plus fin et plus sensible à l’écrasement, un nettoyage délicat via un aspirateur et un tamisage de précision est recommandé, afin de limiter les pertes de graines entières tout en assurant une élimination des impuretés supérieure à 98,8%.
La taille des particules après broyage influe directement sur la surface d’échange et donc sur le taux d’extraction. Pour le tournesol, un broyage moyen avec une granulométrie autour de 1,5 à 2 mm permet un équilibrage optimal entre surface d’extraction et efficacité énergétique.
Le sésame, de par sa coque fine, demande un broyage plus doux avec des granulométries plus élevées (2 à 3 mm) afin d’éviter la formation excessive de poussières fines qui pourraient obstruer la presse. Des essais en conditions réelles montrent une augmentation de 2 à 4% du rendement en ajustant précisément cette granulométrie.
La cuisson ou le « soufflage » est une étape thermique visant à modifier la structure des graines, à faciliter la libération de l’huile et à éliminer certains composés indésirables. L’enjeu est de maintenir un équilibre entre température et humidité.
Pour le tournesol : la cuisson à 100-110°C pendant 20 à 30 minutes avec une humidification contrôlée à environ 8-10% permet d’optimiser la fluidité de l’huile et la durée de vie de la presse.
Pour le sésame : une température plus basse (90-100°C) et une humidité limitée (4-6%) sont recommandées afin de préserver les qualités organoleptiques et éviter la coque trop cassante qui affecterait la filtration et la qualité finale.
Les presses à vis moyennes se distinguent par leur capacité continue d’avancement et un contrôle précis de la température, éléments clés pour s’adapter aux nuances des prétraitements évoqués. Leur design permet un maintien stable de la chaleur, évitant les pics et assurant une extraction constante.
La pression progressive appliquée garantit une extraction maximale sans endommager la matière première, seuil optimal pour les graines de tailles et textures différentes comme le tournesol et le sésame. En comparant les performances, on observe une augmentation moyenne de 7 à 9% de rendement par rapport aux presses standards, ainsi qu’une amélioration notable de la qualité analytique de l’huile (acidité <0,5%, couleur claire).
Une huilerie moyenne spécialisée dans le tournesol a mis en œuvre un protocole combinant nettoyage à double tamis vibrant, broyage calibré à 1,8mm, puis cuisson strictement contrôlée durant 25 minutes à 105°C. Cette démarche a conduit à une baisse de 15% des coûts énergétiques et une augmentation de 8% du rendement, tout en réduisant de 30% les arrêts machine liés aux bourrages.
En revanche, une huilerie centrée sur le sésame a vu ses pressions fluctuantes et une dégradation sensorielle de l’huile s’atténuer après adoption d’un broyage plus doux, une cuisson adaptée et une maintenance renforcée des joints de presse, assurant un taux d’huile extrait régulier autour de 45-48%, avec un goût authentique préservé.